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Pour planet22, SHAHRZAD dispose une icône dans une vitrine (Jamaran, 2004). L'objet en question est une reconstruction précise d'une vitrine du musée Khomeini à Téhéran, et contient des mules, un Coran, des robes liturgiques, des documents officiels et un flacon de Chlo de Karl Lagerfeld.

Une des préoccupations de SHARZAD est la malléabilité des emblèmes et des slogans dans un contexte occidental et le rôle particulier que ceux-ci exercent, par exemple, dans la construction et dans la domestication des exotismes, mais aussi, leur potentiel pour transcender précisément cette dynamique d'une culture de façade. Comme plus d'un muséographe l'a déjà signalé, les soubassements téléologiques des musées occidentaux s'efforcent de suggérer que l'Euroamérique est l'objectif unique pour lequel l'Histoire a toujours lutté, culminant dans le joyeux Ici et Maintenant des droits des femmes, de la démocratie parlementaire et des standards artistiques post-Duchampiens. Toute friction ou opposition provenant de l'Extérieur se voyant désigner comme n'étant Pas Encore Tout à fait Là, ou considérer comme des invités épistémologiquement en retard, qui ne manqueront pas de nous rejoindre au dîner en temps voulu.

SHAHRZAD souhaite recontextualiser et mettre le doigt dur des icônes qui attirent l'attention sur de tels schémas de production de vérités, et qui parfois offrent même certaines nuances ornementales de leur cru, mais sans prétendre à aucun cadre de référence didactique et dépourvu d'ambiguïté.

En grec ancien, Eikon veut simplement dire image, mais le terme se référe désormais à pratiquement tout type de représentation vaguement emblématique. Le fait que icône désigne aussi les pictogrammes apparaissant sur l'écran de l'ordinateur, reflète particulièrement bien son usage dans les discussions sur la mondialisation, où l'expression est devenue une formule appropriée dans des contextes radicalement différents, suggérant un pouvoir intrinsèque de l'artefact. Voiles islamiques, Arafat, Sid Vicious, etc. L'ancienne dénotation Chrétienne-Orthodoxe est également pertinente, non seulement en termes de transcendance et d'aura, mais aussi dans le sens où l'icône religieuse ne prétend à aucune vraisemblance. La différence entre le signe et la chose vraie, était soulignée, entre autres, par un usage agressivement anti-réaliste de la perspective. Ceci n'était toutefois pas au bénéfice du style personnel de l'artiste, au contraire, plus uniforme et sans originalité était l'icône, meilleure elle était.

Avec l'aimable autorisation de planet22, SHAHRZAD a déjà montré la pièce Jamaran à une récente exposition d' "art iranien" : Far Near Distance, Haus der Kulturen der Welt Berlin, mars 2004. Nous espérions que la vitrine fasse allusion, entre autres, à la façon dont les efforts artistiques sont réduits à des symboles de réalités régionales, aux jeux de représentation subventionnés par Berlin et Téhéran et au privilège de conserver des régions entières.

Suite au vernissage à Berlin, l'association PEN iranienne a lancé une protestation en ligne, prétendant que SHAHRZAD avait rassemblé des objets originaux provenant du musée Khomeini, puis a retiré sa pétition après que certains membres influents aient démissionné en réaction. Une série d'autres associations a repris la cause, inondant le musée de tracts anti-Khomeini, recouvrant notre installation avec de la feuille adhésive noire, barbouillant et déchirant les catalogues, puis manifestant a l'extérieur de l'institution, menaçant de prendre d'assaut les événements du musée et entraînant par là une importante présence policière, tandis que le débat en ligne entre Iraniens expatriés, s'étendait de Berlin à Londres et jusqu'à Los Angeles.

Dans le contexte de planet22, qui était celui initialement prévu, SHAHRZAD devra peut-être reconsidérer comment montrer la chose. Non par peur de la controverse, mais parce que la réception dramatique est devenue partie intégrante de l'histoire de l'installation et de sa signification.

Manuel Krebs, Shirana Shahbazi, Tirdad Zolghadr

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For planet22, SHAHRZAD places an icon in a glass display case (Jamaran, 2004). The object in question is a precise reconstruction of a glass display case at the Khomeini museum in Tehran, and includes slippers, a Qoran, clerical robes, official documents and a bottle of Chloë, by Karl Lagerfeld.

One of SHAHRZAD's preoccupations is the malleability of iconic images and slogans in a western context, i.e. their role in the construction and domestication of the exotic - and their potential to transcend that very dynamic of cultural tokenism. As many a museograph has pointed out before, the teleological underpinnings of western museums usually strive to suggest that Euroamerica is what history was striving for from the start, culminating in the happy Here and Now of women's rights, parliamentary democracy and post-Duchamp standards in art. Any frictions or oppositions stemming from an Outside are cast as something Not Quite There Yet, as epistemologically belated guests, sure to join us at the dinner party in due time.

SHAHRZAD wishes to pinpoint and recontextualise icons that draw attention to such patterns of truth production, and sometimes even offer ornamental hues of truth of their own, but without laying claim to any unambiguous, didactic frame of reference.

Eikon simply means image in classical Greek, and can now refer to almost any sort of vaguely emblematic representation. The fact that "icon" also signifies a graphic symbol on a computer display screen aptly reflects its usage in discussions of Globalization, where it's shorthand for something appropriated simultaneously in radically different contexts, suggesting an intrinsic power within the artifact per se. Islamic veils, Arafat, Sid Vicious, etc. The older, Orthodox-Christian denotation is also relevant, not only in terms of transcendence and aura, but also in that the churchly icon lays no claim to verisimilitude. The difference between the sign and the real thing was underlined by way of, among other things, an aggressively anti-realistic use of perspective. This was not, however, to the benefit of the artist's personal style, on the contrary, the more uniform and derivative the icon, the better.

With the kind permission of planet22, SHAHRZAD also showed the piece Jamaran at a recent exhibition of "Iranian art": Far Near Distance, Haus der Kulturen der Welt Berlin, March 2004. The display case, we hoped, might allude, among other things, to the reduction of artistic efforts to symbols of regional realities, to State-sponsored representation games in Berlin and in Tehran and to the prerogative of curating entire regions.

Following the opening, the Iranian PEN association launched an online protest, claiming SHAHRZAD had assembled original items from the Khomeini museum, then withdrew the petition as leading members resigned over it. A host of other associations took up the cause, showering the museum with anti-Khomeini leaflets, draping our installation with an adhesive black foil, besmearing and ripping up catalogues, then demonstrating outside the institution, threatening to storm the events at the museum and prompting a sizable police presence, as the online debate among expat Iranians spread from Berlin to London and on to LA.

For the planet22 context (which was the initial exhibition context all along), perhaps SHAHRZAD has to carefully reconsider how to exhibit the damn thing. Not for fear of controversy, but because the dramatic reception has become part and parcel of the installation's history and signification.

Manuel Krebs, Shirana Shahbazi, Tirdad Zolghadr

06.06.04 - 29.08.04